source : http://www.observatoiredessubventions.com

Les associations, véritable institution en France puisque notre pays est celui qui en compte le plus par habitant et qui enregistre les plus forts taux de création d’associations. Les associations, dont la liberté de constitution a été, au travers de l’Histoire de France, vecteur de bien des enjeux politiques. Les associations, dans notre région comme dans beaucoup d’autres, sont – une fois n’est pas coutume – contraintes par les politiques publiques. L’Etat se désengage, les collectivités, à commencer par les Régions, en font autant. Les Départements et les communes suivent le pas. Il paraît que c’est la crise, ainsi il n’y a pas de raison pour que certains soient épargnés. Les associations vont donc souffrir, elles aussi. Elles ont l’habitude, pourrait-on dire sans ironie mais avec quelque pointe de cynisme.

Ainsi, le Président socialiste de la Région Haute-Normandie (il y a si peu de Présidents de Région qui ne soient pas socialistes que c’en est presque tautologique de le décrire ainsi …) a-t-il décidé, selon le numéro de l’hebdomadaire régional Liberté Dimanche du 12 septembre 2010, le gel des subventions pour les trois années à venir, tout en maintenant, précise-t-il, le niveau des subventions de la Région aux associations. Il a souligné qu’il ne compenserait pas les retraits des autres collectivités. Il nous habitue à son refrain fétiche : “Je ne vais pas jouer le rôle d’amortisseur aux misères que fait [Nicolas] Sarkozy“. Il précise toutefois que “le budget régional consacré aux associations va globalement augmenter pour financer des dispositifs nouveaux, comme les emplois-tremplins par exemple“. Paradoxe. Certes, prioriser l’emploi dans le monde associatif semble pertinent, d’un point de vue socio-économique. Encore que cela encourage bien souvent l’emploi précaire. Mais dans le discours énoncé, on s’y perd quelque peu … gel sur trois ans, maintien du niveau des subventions, augmentation du budget régional consacré aux associations !?? … Précisons que la Région Haute-Normandie consacre un budget de 41 millions d’euro (en 2009), et que 966 associations haut-normandes sont concernées.

Selon Jean-Luc Léger, représentant des associations au CESR (Conseil Economique & Social régional) haut-normand, “il s’agit avant tout d’un choix politique. La logique budgétaire est la plus mauvaise des logiques“. A cet argument, Alain Le Vern renvoie vers la réforme des collectivités territoriales qui comprend la suppression de la clause de compétence générale des collectivités (expliquons au profane qu’il s’agit d’une liberté pour chaque collectivité d’engager une politique dans une compétence non obligatoire, que la collectivité choisit).

Une chose semble évidente : à la veille des élections cantonales, les socialistes haut-normands ont décidé de prendre en otage les associations en accusant le Gouvernement d’exercer une rigueur mal venue (là, je vois venir la réaction des copains socialistes. Nous verrons dans les commentaires). Pourtant, la Région, elle aussi, semble serrer les vis de son budget. Tout est bon pour tenter de récolter quelques voix … L’argument soulignant la réforme des collectivités territoriales est pertinent et fondé. Mais alors, aux Régions de faire front ! Avec l’aide de leurs groupes parlementaires, pour faire valoir et tenter de renforcer l’article 72 de la Constitution, qui permet aux collectivités de s’administrer librement, dans le cadre fixé par la loi. Mais depuis les élections régionales de 2004 les socialistes, disposant d’une écrasante majorité réunissant les exécutifs régionaux, n’ont pas su (c’est douloureusement flagrant !) être un réel contre-pouvoir efficace en termes de gouvernance face à la majorité parlementaire. Pas de réel bloc politique homogène et cohérent qui oeuvrerait de concert. Mais sans doute y a-t-il davantage de postes à distribuer dans la somme des exécutifs régionaux que dans un seul gouvernement … les baronnies ont de beaux jours devant elles ! Edouard Balladur, qui a présidé la Commission visant à réfléchir à la réorganisation administrative des territoires, aurait pu réitérer son trait d’esprit (tiré de son Dictionnaire de la Réforme, Fayard, 1992) : “Certains ont des habitudes, pour ne pas dire des intérêts”.

Et pendant ce temps, les associations vont continuer comme avant : elles vont devoir se débrouiller … Plus que jamais, la nécessité de mutualiser leurs ressources et leurs compétences se fait sentir. Lorsque les pouvoirs publics brillent par une absence de soutien honnête, il reste la solution de s’entraider. Et cela s’appelle le réseau.

[Retrouvez cette chronique dans mon Tchatcho du lundi 13 septembre, en direct sur Radio HDR (Rouen 99.1 FM) à 18h10 ; vous pouvez aussi écouter en live sur le site de l'antenne : radiohdr.fr]


source : Nouvel Obs

La députée européenne Eva JOLY a été celle qui a asséné avec le plus de force cette évidence : la dernière fois que le chef de l’État français a stigmatisé une population en raison de son origine ethnique et l’alivrée à la vindicte populaire, pour reprendre les termes de l’ancienne magistrate, c’était sous le régime de Vichy ! Nous connaissons la suite de l’Histoire, mais faut-il rappeler que les Roms ne sont pas seulement expulsés par avion, mais aussi par trains : les images télévisées de leur montée dans les trains rappellent, là encore, quelque cruel souvenir. L’expulsion est déjà insupportable dans ces conditions, mais qui n’a pas vu les images également des pelleteuses broyant les caravanes !?

Il convient de se préoccuper, outre de sa pertinence, de l’utilité d’une telle politique au sein de l’Espace de Shengen, qui garantit la liberté de circulation des biens et des personnes. Que le contribuable paie le transport des expulsés, ils reviendront quand bon leur semble, et ils seront dans leur bon droit (européen), d’autant plus que, autre drame de leur situation, les Roms ne sont les bienvenus nulle part, ni plus en Roumanie qu’en France. La situation cause un contexte de refroidissement des relations gouvernementales entre Bucarest et Paris, qui peut dégénérer en crise diplomatique si l’Union Européenne n’intervient pas pour faire valoir le Droit européen, ou si Paris persiste dans son erreur. Quand on a conscience de son erreur et qu’on tient à la maintenir, celle-ce devient une faute, et c’est la démocratie qui en pâtit. Comme disait Max FRISCH, “le silence des chaussons est pire que le bruit des bottes“. Je pense également à la citation d’Albert EINSTEIN : “Il y a deux choses d’infini au monde: l’univers et la bêtise humaine… mais pour l’univers j’en suis pas très sûr“.

D’autres réactions : pontificale (Rom(e) s’insurge ! – tous les chemins mènent au Rom – …) et de prêtres, dont Arthur HERVÉ, le curé lillois qui a exprimé devant les caméras qu’il priait pour que Nicolas Sarkozy ait une crise cardiaque (propos qu’il a regretté quelques heures après, sans les retirer néanmoins) … la Ligue des Droits de l’Homme, l’Union Européenne, les Nations-Unies (pour ne citer que ceux-là) condamnent la politique du Gouvernement français et de Nicolas Sarkozy.

L’Histoire se répèterait-elle !? Je ne l’affirmerai point. Mais elle bégaie avec un relent nauséeux.

Cela étant, qui s’en soucie !? Comme me disait une de mes amies (nous l’appelerons K.) : “je me mettrai bien en travers des rails devant ces trains, mais c’est la rentrée des classes et je dois aller chercher un nouveau cartable pour mon petit dernier“. Je lui ai bien suggéré d’attacher son fils sur la voie pendant qu’elle allait lui chercher son cartable, mais je ne suis pas certain qu’elle suive cette recommandation. C’est vrai, quoi, après tout, c’est la crise, et on ne va pas gâcher un cartable tout neuf pour un enfant qui n’en aura plus l’utilité ! Nos préoccupations actuelles sont aux économies … l’ennui, c’est que nous faisons aussi l’économie d’un exercice démocratique sain. Après tout, les réactions à la politique de Nicolas Sarkozy semblent bien plus remontées hors de l’Hexagone qu’en son sein. La question qui se pose, finalement, ne serait-elle pas de l’ordre de “Pourrons-nous dire que nous ne savions pas ?” !?

Petite piqure de rappel :

« Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas communiste. Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas Juif. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas catholique. Et lorsqu’ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester. » - Martin NIEMÖLLER (Dachau), arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen. Il fut ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau. Libéré du camp par la chute du régime nazi, en 1945.

Une note d’humour en conclusion. Si, si, c’est possible, même sur ce genre de sujet. C’est nécessaire surtout sur ce genre de sujet ! Ainsi, le ministre de l’Intérieur, Brice HORTEFEUX, envisagerait (selon le quotidien régionalLa Montagne) de porter sa candidature aux cantonales, en vue de conquérir la Mairie de Vichy. N’y voyons pas d’ironie du sort, la Ville n’est en rien responsable des heures les plus sombres de l’Histoire à laquelle son nom est associé. Il n’empêche, je n’ai pas eu retenir un rire acide en découvrant cette info … on m’a demandé combien d’honoraires je demanderai (je rappelle ici que mon métier est le conseil en comunication politique et publique), pour me mettre au service de la République et du ministre de l’Intérieur. J’ai répondu que je me mettais gratuitement au service de la République, mais que la communication politique du ministre risquait de lui coûter cher …

On en reparle jeudi 9, de 20h à 21h, au fidèle micro de TON LIBRE, en compagnie de mon invité en direct des studios de Radio HDR, et en attendant, j’en dirai deux mots dans le Tchatcho, sur la même antenne, aujourd’hui mêmeà, à 18h10. Vous pouvez écouter Radio HDR à Rouen sur la fréquence 99.1 FM ou en live sur radiohdr.fr.

Indiscutablement, Europe Écologie a transformé l’essai et est devenue, naturellement, durablement, la troisième force politique en France, après moins d’une année d’existence. Le Mouvement Démocrate, après trois ans d’existence, s’est littéralement effondré. Ce parti, né de feue l’UDF, force de gouvernement menée par Valéry Giscard d’Estaing, Jean Lecanuet puis François Bayrou, ne pèsera dans aucun exécutif régional. Il convient également de considérer que l’extrême-droite reste tenace, quoique divisée, et que la véritable victoire est celle de l’abstention. Je ne ferai pas l’éloge de l’abstentionnisme, j’ai toujours considéré que le droit de vote conférait aussi celui de râler et de se plaindre auprès de ses élus lorsque l’on n’est pas satisfait d’eux.

Mais je ne crois pas pour autant que le vote doit être rendu obligatoire. Cela serait une grave atteinte à ce qui est, plus qu’un droit, une liberté. Ce serait du totalitarisme et ne ferait qu’augmenter la défiance des citoyens envers le monde politique. Ségolène Royal, durant sa campagne présidentielle, voulait obliger les travailleurs à se syndiquer. Certes, lorsque les syndicats ne représentent pas même 10 % de la population active, la logique voudrait que le Gouvernement ne leur accorde pas même 10 % de son attention … mais je digresse. Il y a deux catégories de personnes, dans ce sens : les citoyens et les abstentionnistes. Mais en quoi obliger tout le monde à exercer sa citoyenneté changerait-il quoi que ce soit !? On ne demanderait plus au citoyen de comprendre et d’approuver ou de rejeter tel ou tel programme de tel ou tel candidat ! En cas d’abstention supérieure au tiers des inscrits, je proposerai plutôt pour ma part que le scrutin soit annulé et reconduit. Car si nos concitoyens s’abstiennent, c’est en partie parce qu’ils ne comprennent souvent pas les enjeux profonds qui se présentent à eux. C’est donc un échec avéré du monde politique, qui ne parvient pas – voire ne cherche guère – à les leur faire comprendre. Et si nos concitoyens ne comprennent pas tout, ce n’est certes pas qu’ils soient des imbéciles, c’est parce que les choses se présentent à eux de façon complexe et peu avenante. Les politiciens doivent éclairer les citoyens, c’est leur rôle premier. Mais cela n’exonère pas les citoyens de s’éclairer par eux-mêmes. C’est pourquoi je crois en la démocratie renouvelée qui appelle à une forte participation citoyenne. Je propose ainsi la mise en place de systèmes d’expertise indépendants saisie par les citoyens, le déroulement d’auditions publiques, l’obligation pour les élus de rendre des comptes réguliers à leurs administrés de façon intelligible par tous, et de considérer le vote blanc pour la valeur que lui confère les électeurs qui en usent.

A cause de cette considérable abstention, il n’est guère aisé de savoir ce que signifient réellement les scores des uns et des autres. Notre démocratie est malade. Malgré cela, il est clair que Europe Écologie affirme la véritable alternative à la politique de Nicolas Sarkozy, quand le Parti socialiste, qui dispose pourtant de vingt exécutifs régionaux sur vingt-deux aux quatre coins de l’Hexagone, n’a pas été foutu capable de représenter un contre-pouvoir réellement efficace, ses “barons” étant trop occupés à s’entretenir au coeur de leurs “fiefs”,  incapables de coordonner leur action politique à l’échelle du pays.

Clairement, l’enjeu présidentiel qui a mené cette élection régionale, tant au sein de l’UMP et du PS que des électeurs, amène à l’évidence : le PS ne pourra pas gagner seul l’élection présidentielle. Europe Écologie devient un partenaire incontournable. Et ce n’est pas le MoDem qui pourrait le reprocher à cette jeune formation, s’étant lui-même dangereusement rapproché du PS, ce qui explique en partie son cuisant échec. Cela fait cinq scrutins successifs que François Bayrou chute (difficiles présidentielles, législatives, municipales, européennes et régionales). Les cantonales seront désespérantes et la prochaine présidentielle sera sans doute son dernier calvaire, auquel il arrivera en lambeaux. Après cela, le MoDem fera pschiiiiit, s’il ne s’est pas totalement disloqué d’ici là. Je veux bien entendre que d’autres s’en sont sortis avec succès après une période très difficile, mais la foi à ce niveau-là devient de l’aveuglement sectaire et complètement déconnecté, si j’ose le jeu de mots facile, des réalités qui s’imposent pourtant brutalement. C’est de la pure aliénation !

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