© Europe Écologie

Une dynamique qui doit croître encore, ne pas se reposer sur des lauriers qui ne sont que bourgeons et qui doit achever de rassembler les forces pour pouvoir élargir ce rassemblement aux Français, sans discours alarmiste, lors des prochaines échéances, notamment cantonales, voilà ce qu’est pour moi Europe Écologie aujourd’hui, quoique cette définition ne soit pas exhaustive et plutôt inscrite comme une photographie instantanée. C’est aussi une force suffisante pour viser ET les présidentielles ET un groupe parlementaire assez fort pour pousser la majorité parlementaire et gouvernementale (quelle qu’elle soit) à ne pas travailler que pour ses seuls électeurs. C’est aussi, surtout, ne pas vouloir « écologiser » le partenaire socialiste, mais peser face au PS comme face à l’UMP. C’est la troisième force politique en France, il ne lui reste qu’à devenir vecteur de la “troisième voie” (cf. Anthony Giddens) et à agir au niveau européen pour être la formation qui réconciliera les Français avec l’Europe (cf. le “rêve européen”, Jeremy Rifkin) après avoir réconcilié les Français avec la politique. Bref, c’est faire du neuf, tirer les enseignements des écueils du passé, innover, innover, innover, pour réussir, juste ce qu’il est possible, de changer le monde. L’esprit est jeune, et les jeunes sont justement un public qui se retrouve bien dans cet esprit innovant. Après tout, ce sont les jeunes qui conjuguent l’Histoire au futur, quand d’autres ne la conjuguent qu’au passé et pensent la conjuguer au présent. La diversité, le lien intergénérationnel, les libertés publiques ou la gouvernance des territoires, la justice sociale et les solidarités, l’évolution soutenable, et bien d’autres idées, sont au coeur des préoccupations, en ces temps tourmentés. Nous avons des atouts à mettre en valeur en nous rassemblant.

La forme que doit revêtir EE pour un fonctionnement démocratique doit, à mon avis, revêtir les principes fondateurs de la pensée fédéraliste : subsidiarité, suppléance et péréquation. Que chacun trouve la place qui lui convienne. La proximité doit être un maître-mot.

L’idée de coopérative me plaît bien aussi. Un homme/une femme = 1 voix. Ca peut paraître simpliste, voire archaïque, mais je crois qu’à notre époque carctérisée par le paradoxe entre un individualisme primaire et une société de moutons, cette solution redevient résolument moderne.

Quitte à inventer un nouveau mode de gouvernance politique, autant ne pas craindre de l’inventer aussi en interne, non pas en cherchant à pondre un “truc” sorti des limbes, mais bel et bien en sélectionnant les bons principes dans les modèles existant. Un “mix” entre fédération et coopérative, mais qui, statutairement, devra sans doute non pas s’appeler mais se définir comme un “parti” politique, vu les règles de financement public en vigueur aujourd’hui … Je pense que le terme de “mouvement”, s’il n’est pas nouveau, a le mérite de ressembler le plus à la réalité d’EE : il évoque une dynamique, et non pas quelque-chose de figé. Le nom “Europe Écologie” est à conserver, c’est celui que nous avons fait connaître et la dimension européenne me sied. L’idéal serait, bien sûr, que nous soyons un vrai mouvement international et que les Verts de toute l’Europe fusionnent de la même façon dans un mouvement “Europe Écologie” paneuropéen ! (je pense bien que ce n’est pas pour demain … mais n’avons-nous pas déjà vu qu’aujourd’hui est déjà un autre jour !?)^^

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L’écologie politique se structure donc en France jusqu’à l’automne prochain. Là, la troisième force politique du pays sera fin prête à poursuivre ses efforts, à parachever sa dynamique et ce de façon présente durable, et à renforcer ses positions, car la résonnance se fait croissante dans l’opinion publique. Il ne s’agit pas seulement de défendre les petits oiseaux, les abeilles, les huîtres, les hérissons et autres espèces menacées de la faune et de la flore, ou de préférer une production d’énergie saine et une consommation mesurée au besoin et non au superflu ou au phénomène de mode, ou de préferer la quantité à la qualité, mais aussi de défendre une vision globale de la société, de notre communauté de vie, sur des thèmes que j’ai évoqué plus haut. L’écologie politique, c’est le logiciel intelligent pour gouverner nos territoires et accompagner nos vies au quotidien.

Europe Écologie, c’est l’innovation démocratique, l’ouverture de la sphère politique à la société civile, c’est ne pas se contenter de faire, à l’instar des formations conventionnelles (UMP, PS, MoDem …) de la politique pour les citoyens mais avec les citoyens. Après tout, qui mieux que les Français sait ce qui est bon pour eux !? Pour que les citoyens fassent à nouveau confiance aux politiciens, il serait temps, enfin, que les politiciens commencent à croire en les citoyens …


Indiscutablement, Europe Écologie a transformé l’essai et est devenue, naturellement, durablement, la troisième force politique en France, après moins d’une année d’existence. Le Mouvement Démocrate, après trois ans d’existence, s’est littéralement effondré. Ce parti, né de feue l’UDF, force de gouvernement menée par Valéry Giscard d’Estaing, Jean Lecanuet puis François Bayrou, ne pèsera dans aucun exécutif régional. Il convient également de considérer que l’extrême-droite reste tenace, quoique divisée, et que la véritable victoire est celle de l’abstention. Je ne ferai pas l’éloge de l’abstentionnisme, j’ai toujours considéré que le droit de vote conférait aussi celui de râler et de se plaindre auprès de ses élus lorsque l’on n’est pas satisfait d’eux.

Mais je ne crois pas pour autant que le vote doit être rendu obligatoire. Cela serait une grave atteinte à ce qui est, plus qu’un droit, une liberté. Ce serait du totalitarisme et ne ferait qu’augmenter la défiance des citoyens envers le monde politique. Ségolène Royal, durant sa campagne présidentielle, voulait obliger les travailleurs à se syndiquer. Certes, lorsque les syndicats ne représentent pas même 10 % de la population active, la logique voudrait que le Gouvernement ne leur accorde pas même 10 % de son attention … mais je digresse. Il y a deux catégories de personnes, dans ce sens : les citoyens et les abstentionnistes. Mais en quoi obliger tout le monde à exercer sa citoyenneté changerait-il quoi que ce soit !? On ne demanderait plus au citoyen de comprendre et d’approuver ou de rejeter tel ou tel programme de tel ou tel candidat ! En cas d’abstention supérieure au tiers des inscrits, je proposerai plutôt pour ma part que le scrutin soit annulé et reconduit. Car si nos concitoyens s’abstiennent, c’est en partie parce qu’ils ne comprennent souvent pas les enjeux profonds qui se présentent à eux. C’est donc un échec avéré du monde politique, qui ne parvient pas – voire ne cherche guère – à les leur faire comprendre. Et si nos concitoyens ne comprennent pas tout, ce n’est certes pas qu’ils soient des imbéciles, c’est parce que les choses se présentent à eux de façon complexe et peu avenante. Les politiciens doivent éclairer les citoyens, c’est leur rôle premier. Mais cela n’exonère pas les citoyens de s’éclairer par eux-mêmes. C’est pourquoi je crois en la démocratie renouvelée qui appelle à une forte participation citoyenne. Je propose ainsi la mise en place de systèmes d’expertise indépendants saisie par les citoyens, le déroulement d’auditions publiques, l’obligation pour les élus de rendre des comptes réguliers à leurs administrés de façon intelligible par tous, et de considérer le vote blanc pour la valeur que lui confère les électeurs qui en usent.

A cause de cette considérable abstention, il n’est guère aisé de savoir ce que signifient réellement les scores des uns et des autres. Notre démocratie est malade. Malgré cela, il est clair que Europe Écologie affirme la véritable alternative à la politique de Nicolas Sarkozy, quand le Parti socialiste, qui dispose pourtant de vingt exécutifs régionaux sur vingt-deux aux quatre coins de l’Hexagone, n’a pas été foutu capable de représenter un contre-pouvoir réellement efficace, ses “barons” étant trop occupés à s’entretenir au coeur de leurs “fiefs”,  incapables de coordonner leur action politique à l’échelle du pays.

Clairement, l’enjeu présidentiel qui a mené cette élection régionale, tant au sein de l’UMP et du PS que des électeurs, amène à l’évidence : le PS ne pourra pas gagner seul l’élection présidentielle. Europe Écologie devient un partenaire incontournable. Et ce n’est pas le MoDem qui pourrait le reprocher à cette jeune formation, s’étant lui-même dangereusement rapproché du PS, ce qui explique en partie son cuisant échec. Cela fait cinq scrutins successifs que François Bayrou chute (difficiles présidentielles, législatives, municipales, européennes et régionales). Les cantonales seront désespérantes et la prochaine présidentielle sera sans doute son dernier calvaire, auquel il arrivera en lambeaux. Après cela, le MoDem fera pschiiiiit, s’il ne s’est pas totalement disloqué d’ici là. Je veux bien entendre que d’autres s’en sont sortis avec succès après une période très difficile, mais la foi à ce niveau-là devient de l’aveuglement sectaire et complètement déconnecté, si j’ose le jeu de mots facile, des réalités qui s’imposent pourtant brutalement. C’est de la pure aliénation !

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