Après avoir “commis” depuis quelques mois (voire quelques années, si je prend en compte le lancement de “RadVox” …) mes faits (en deux mots !) d’armes et de tribunes sur la blogosphère, je constate l’absence, à travers mes alertes Gougueule et mon Gougueule Reader, de la notion de “démocratie verte” en France … La Suisse ou le Canada, par exemple, évoquent cette formulation avec un sens qui semble commun au mortel (et non pas mortel pour celui qu’on appelle communément le “commun des mortel” …) lambda (et non pas lambada).

Ainsi, se crée le collectif éponyme, jouissant également de l’homonymie. Cette organisation, rassemblement d’hommes et de femmes militant pour une organisation territoriale fédéraliste, pour l’écologie politique et pour la démocratie pluraliste (et non bipartisane), s’engage dans une citoyenneté collective et établit des propositions précises sur des questions concrètes, convaincue que la masturbation intellectuelle ne mène à rien sinon à la surdité intellectuelle et que le temps de l’action suit toujours celui de la réflexion, les deux s’harmonisant plutôt bien quand la stratégie idoine est déployée.

Le club informel “Démocratie verte” se structure donc jusqu’à l’automne, moment à partir duquel la forme qu’il donnera à son engagement se confrontera à la rencontre et au débat publics.

Pas à pas, semis après semis, saison après saison, le projet qui se dessine depuis le début des années 90 si l’on considère ses premières racines, ajoutera de nouveaux bourgeons à un objectif citoyen volontariste.

Je ne l’ai pas peu dit : chacun(e) fait de la portée de son regard la limite du monde … voyons quel horizon se cache derrière les perspectives, voyons quelles perspectives nous dessinerons dans les verticales, les diagonales, les transversales … et les horizontales. Aux stratégies de l’Echiquier, je préfère celles de la Sphère … les lignes ne finissent jamais fini de bouger. A l’art de l’équilibrisme, je préfère des acrobaties plus évolutives. Je persiste à m’engager dans cette voi-x/-e.

Après Copenhague, nous pouvons avec force nous interroger sur le défaut flagrant de cohésion de l’Union Européenne quant à la politique énergétique. Si l’ONU porte une part de la responsabilité de l’échec de la COP15, l’Union Européenne n’est pas exempte de sa responsabilité, les voix discordantes illustrant douloureusement l’échec global d’une gouvernance mondiale multilatérale.

Je me suis rendu à Copenhague sans illusions et en suis revenu optimiste. Rien d’étrange à cette contradiction avec beaucoup d’autres présents : la divergence des intérêts des Etats, tant au sein de l’Union Européenne que dans le reste du monde, reste un travers que nos gouvernants n’ont jamais su surmonter. Albert Einstein disait qu’un problème sans solution est un problème mal posé. Et si l’optimisme est, je le crois, une utopie, cela ne s’oppose pas au fait que les réalités à venir appartiennent à notre façon de les concevoir, de les appréhender et de les engendrer, car je suis résolument convaincu qu’il n’y a en effet pas de problème humain qui n’ait de solution à notre portée.

La communauté internationale se résume à un ensemble d’États réunis autour de l’idée de la primauté de leurs intérêts particuliers et incapables de renoncer, à l’échelle mondiale, à une souveraineté absolue et à la divergence de ces intérêts, dans des domaines pourtant supranationaux. Or, ces intérêts sont facilement corrompus au nom d’un productivisme qui demeure la nourriture prioritaire du consumérisme global et de la vacuité ambiante. C’est de l’aliénation sociale ! A Copenhague, les Nations Unies se sont rendues coupables de l’échec, par leur habituel manque de coercition. Et, contrairement à ce que prétend en France l’UMP, non, ce n’est pas Nicolas Sarkozy qui a initié le sommet de Copenhague ni lui qui aurait permis d’aboutir à un quelconque accord, s’il y en avait réellement un !

Le détricotage insupportable des propositions initiales, évacuant les problématiques des ressources ou encore le risque de guerres que font encourir les migrations climatiques, ou le refus sino-américain d’un Kyoto II, sont une négation d’enjeux géopolitiques pourtant évidents !

Le rêve européen passe par la construction d’une Europe politique. Or, le TCE a échoué, Lisbonne échoue, Copenhague illustre, une fois encore, l’incapacité absolue des Européens, avant même de pouvoir se faire entendre, à accorder leurs violons pour constituer un orchestre harmonieux sur la question du climat et de l’énergie. Et comment saurait-il en être autrement !? L’Europe, aujourd’hui mi-intergouvernementale, mi-communautaire, continue d’échouer, s’éloignant de plus en plus de la confiance de ses citoyens. La solution qui n’a pas été expérimentée réellement, c’est le projet Spinelli : une Europe fédérale, qui sera capable, tout en valorisant sa diversité, d’unir les intérêts des Européens, dans tous les domaines.

L’Europe doit ainsi s’engager dans cette solution fédéraliste, au lieu de continuer, comme l’a dénoncé en février dernier Daniel Cohn-Bendit au Parlement, à s’enliser dans cette voie qui s’avère incapable de doter l’Union de politiques communes cohérentes en matière d’énergie, de justice, de fiscalité, de flux migratoires, de santé, de retraites, de défense et, dans une moindre mesure, de politique extérieure …

L’Allemagne est plus sensible, par son histoire, à cette solution, que la France qui vit un retour au jacobinisme forcené et réaffirme la monarchie républicaine qui fait loi et qui interdit l’innovation démocratique, l’expérimentation institutionnelle du parlementarisme régional et réduit l’autonomie de ses territoires et les perspectives de croissance de la coopération décentralisée.

La supranationalité de la question énergétique est la cause évidente de l’échec de la COP15 : la divergence des intérêts particuliers des Etats, comme la divergence du couple franco-allemand (l’Allemagne orientée vers une volonté de sortie programmée du nucléaire, la France renforçant en revanche son parc nucléaire).

En matière institutionnelle, la gouvernance mondiale est attendue sur une base des blocs continentaux comme, en matière énergétique, la solution la plus pertinente est la diversification et la proximité des modes de production d’énergie. Dans notre monde globalisé, le multilatéralisme qui doit présider à la résolution des problèmes se heurte à ce que j’appelle l’egologie.

Face à la crise systémique et à l’urgence sociale, écologique et démocratique, qui touchent la société mondiale, il est temps que l’intérêt particulier cesse de crier plus fort que l’intérêt général. Notre monde globalisé reste gouverné par les divergences souveraines. La question devient aujourd’hui, non pas de se demander quelle planète nous laisserons à nos enfants, mais quels enfants nous laisserons à notre planète ! Leur lèguerons-nous notre courte vue !? « A Copenhague, je n’ai pas vu des hommes d’État mais des hommes d’affaires », dénonce Corinne Lepage.

Chacun fait de la portée de son regard la limite du monde. Gageons que nous saurons commettre jusqu’à terme une douce révolution mondiale des mentalités qui transformera ses institutions de façon à éradiquer la pauvreté, première des injustices dont découle les autres inégalités sociales et qui engagera une évolution soutenable, et non pas une décroissance, qui appartient au constat actuel. Il n’est plus question de changer les règles du jeu, il est impératif de changer le jeu. On ne changera pas les Hommes d’aujourd’hui, mais nous pouvons aujourd’hui changer le monde de demain. Nul n’échappe à cette responsabilité immense. Parce que l’activisme est plein de sens, je persiste, d’une part, à ne me faire aucune illusion et, d’autre part, à être un indécrottable optimiste.

Retrouvez cet article sur le site web et dans les pages Opinions (version allégée) du magazine ParisBerlin (n° 50 de mars 2010) ainsi que parmi les Chroniques européennes de mon émission Ton Libre sur Radio HDR (édition du 11 mars 2010).

La petite sirène de Copenhague

La chose avait commencé simplement. J’avais annoncé sur mon blog Stradefi en septembre dernier que je confirmais les propos que j’avais pu tenir lors de la campagne européenne et au lendemain du 7 juin, appelant au rassemblement, dans toutes les régions de France, des Démocrates et d’Europe Ecologie, afin de conduire dans ce pays une troisième force politique qui, en corrélation avec les thèses d’Anthony Giddens, non seulement proposerait une alternative crédible au clivage archaïque qui font notre système bipartiste (Gauche/Droite), mais de surcroît se trouverait inscrite elle-même dans une diversité politique forte.

J’ai multiplié les signes, sur la toile (blogs, twitter, créant les Green Democrats sur facebook …) au sein du Mouvement Démocrate en tant que membre de Cap21, mais soit l’indifférence, soit le mépris, soit la frilosité, soit l’alchimie de ces ingrédients auquels on en ajoute un ou deux autres dont on garde bien au chaud le secret (très éventé, toutefois …), ont fait que dans la région Haute-Normandie, le rapprochement ne s’est pas fait. Toutes les conditions étaient réunies, mais, en gros, le problème majeur, outre le fait que le président de fédération du MoDem de Seine-Maritime siége dans la majorité du Maire UMP du Havre (pas la ville la plus écolo de l’Hexagone …), résidait essentiellement dans la volonté du MoDem de traiter d’égal à l’égal avec Europe Ecologie en Haute-Normandie.

Et encore, il a fallu marteler, pour faire comprendre les erreurs d’analyse, qu’il s’agissait d’Europe Ecologie car les opposants, ou les frileux, les timides, les “droitistes” & co. parlaient encore des “Verts” … non contents de n’avoir rien compris à l’écologie, ils ne saisissaient pas la différence entre les Verts et Europe Ecologie. Pourtant, les scores des Verts aux législatives et ceux d’Europe Ecologie aux européennes peuvent facilement laisser penser que l’on ne peut pas ne pas comprendre la différence et ne pas faire le distinguo qui s’impose, et qui est, de façon très honnête, imposé par les Verts eux-mêmes. Cela n’est pas nouveau que je considère les Verts comme le parti qui sait garder la tête froide et faire, surtout, preuve d’humilité. D’autres devraient en prendre de la graine …

Ainsi, vouloir traiter d’égal à égal quand d’un côté, on est un parti qui se veut démocrate et que, de l’autre, on est une plate-forme opérant un large rassemblement (des socialistes de Convergence-s, des Verts, des écolos d’autres souches, y compris Cap21, des individus issus de ce qu’il est convenu d’appeler la “société civile” (nous sommes tous la société civile, à moins de n’être militaire), c’est ne pas comprendre la nature même de ce qui se joue, politiquement parlant.

Vouloir traiter d’égal à égal quand on a fait à peine plus de la moitié du score électoral du partenaire potentiel, c’est nier le rapport de force défavorable et se comporter d’une façon arrogante assez détestable. Surtout quand on prend soin d’ajouter que, dans le cas inverse, on ne traiterait pas d’égal à égal … là, c’est carrément du mépris !

Ainsi donc, la grenouille vit ce boeuf … ça vous rappelle quelque-chose ?

Certes, nous sommes dans le domaine de la fable. D’ailleurs, aujourd’hui, les choses sont claires sur la question de l’alliance : acta est fabula ! Cette pièce-là est jouée, sans conteste. Nous arrivons déjà à la présentation de la suivante.

Nyhavn

Et j’arriverai bientôt à Copenhague pour prendre en route le sommet des Nations-Unies pour le climat. J’y resterai quelques temps, prendrai du son pour Radio HDR, couvrirait également l’évènement par la photo, la vidéo, et mes billets que vous trouverez ici, sur ce blog que je consacre à l’idée de “démocratie verte”, comme je l’intitule.

Je vous donne rendez-vous en début de semaine prochaine pour un premier ressenti à chaud, sur place.

D’ici là, bon week-end à tous et à chacun, et merci de visiter ce blog et de le faire connaître.

SE

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