économie


Paris-Normandie du vendredi 19 novembre 2010 http://www.paris-normandie.fr/article/societe/une-bourse-citoyenne QUARTIERS. A l’occasion des assises de la démocratie participative, retour sur les dépenses des comités. Avec une interview de Jean-Michel BEREGOVOY … Read More

via Groupe des Elus Verts & apparentes de la mairie de Rouen

© Fañch Ar Ruz

 

voir aussi http://www.youtube.com/user/MehlangChang#p/a/u/1/HH5fVD-1_I4

et http://www.youtube.com/user/MehlangChang#p/a/u/2/AOpN5yFfjaE

source : http://www.observatoiredessubventions.com

Les associations, véritable institution en France puisque notre pays est celui qui en compte le plus par habitant et qui enregistre les plus forts taux de création d’associations. Les associations, dont la liberté de constitution a été, au travers de l’Histoire de France, vecteur de bien des enjeux politiques. Les associations, dans notre région comme dans beaucoup d’autres, sont – une fois n’est pas coutume – contraintes par les politiques publiques. L’Etat se désengage, les collectivités, à commencer par les Régions, en font autant. Les Départements et les communes suivent le pas. Il paraît que c’est la crise, ainsi il n’y a pas de raison pour que certains soient épargnés. Les associations vont donc souffrir, elles aussi. Elles ont l’habitude, pourrait-on dire sans ironie mais avec quelque pointe de cynisme.

Ainsi, le Président socialiste de la Région Haute-Normandie (il y a si peu de Présidents de Région qui ne soient pas socialistes que c’en est presque tautologique de le décrire ainsi …) a-t-il décidé, selon le numéro de l’hebdomadaire régional Liberté Dimanche du 12 septembre 2010, le gel des subventions pour les trois années à venir, tout en maintenant, précise-t-il, le niveau des subventions de la Région aux associations. Il a souligné qu’il ne compenserait pas les retraits des autres collectivités. Il nous habitue à son refrain fétiche : “Je ne vais pas jouer le rôle d’amortisseur aux misères que fait [Nicolas] Sarkozy“. Il précise toutefois que “le budget régional consacré aux associations va globalement augmenter pour financer des dispositifs nouveaux, comme les emplois-tremplins par exemple“. Paradoxe. Certes, prioriser l’emploi dans le monde associatif semble pertinent, d’un point de vue socio-économique. Encore que cela encourage bien souvent l’emploi précaire. Mais dans le discours énoncé, on s’y perd quelque peu … gel sur trois ans, maintien du niveau des subventions, augmentation du budget régional consacré aux associations !?? … Précisons que la Région Haute-Normandie consacre un budget de 41 millions d’euro (en 2009), et que 966 associations haut-normandes sont concernées.

Selon Jean-Luc Léger, représentant des associations au CESR (Conseil Economique & Social régional) haut-normand, “il s’agit avant tout d’un choix politique. La logique budgétaire est la plus mauvaise des logiques“. A cet argument, Alain Le Vern renvoie vers la réforme des collectivités territoriales qui comprend la suppression de la clause de compétence générale des collectivités (expliquons au profane qu’il s’agit d’une liberté pour chaque collectivité d’engager une politique dans une compétence non obligatoire, que la collectivité choisit).

Une chose semble évidente : à la veille des élections cantonales, les socialistes haut-normands ont décidé de prendre en otage les associations en accusant le Gouvernement d’exercer une rigueur mal venue (là, je vois venir la réaction des copains socialistes. Nous verrons dans les commentaires). Pourtant, la Région, elle aussi, semble serrer les vis de son budget. Tout est bon pour tenter de récolter quelques voix … L’argument soulignant la réforme des collectivités territoriales est pertinent et fondé. Mais alors, aux Régions de faire front ! Avec l’aide de leurs groupes parlementaires, pour faire valoir et tenter de renforcer l’article 72 de la Constitution, qui permet aux collectivités de s’administrer librement, dans le cadre fixé par la loi. Mais depuis les élections régionales de 2004 les socialistes, disposant d’une écrasante majorité réunissant les exécutifs régionaux, n’ont pas su (c’est douloureusement flagrant !) être un réel contre-pouvoir efficace en termes de gouvernance face à la majorité parlementaire. Pas de réel bloc politique homogène et cohérent qui oeuvrerait de concert. Mais sans doute y a-t-il davantage de postes à distribuer dans la somme des exécutifs régionaux que dans un seul gouvernement … les baronnies ont de beaux jours devant elles ! Edouard Balladur, qui a présidé la Commission visant à réfléchir à la réorganisation administrative des territoires, aurait pu réitérer son trait d’esprit (tiré de son Dictionnaire de la Réforme, Fayard, 1992) : “Certains ont des habitudes, pour ne pas dire des intérêts”.

Et pendant ce temps, les associations vont continuer comme avant : elles vont devoir se débrouiller … Plus que jamais, la nécessité de mutualiser leurs ressources et leurs compétences se fait sentir. Lorsque les pouvoirs publics brillent par une absence de soutien honnête, il reste la solution de s’entraider. Et cela s’appelle le réseau.

[Retrouvez cette chronique dans mon Tchatcho du lundi 13 septembre, en direct sur Radio HDR (Rouen 99.1 FM) à 18h10 ; vous pouvez aussi écouter en live sur le site de l'antenne : radiohdr.fr]

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